C'est la question qui revient sans cesse dès que l'activité décolle : faut-il rester en micro-entreprise, ou passer en société (EURL ou SASU) ? La réponse ne tient pas au prestige du statut, mais à trois chiffres : votre chiffre d'affaires, vos charges réelles, et ce que vous voulez vous verser. Ce guide vous donne les critères concrets, et vous renvoie vers notre comparateur pour chiffrer votre cas.
Pour voir tout de suite votre net en poche dans les trois statuts et votre point de bascule, utilisez notre comparateur micro / EURL / SASU.
Les trois statuts en bref
Ces statuts se distinguent par la façon dont vous payez vos cotisations sociales, votre impôt, et par votre protection sociale.
| Micro-entreprise | EURL | SASU | |
|---|---|---|---|
| Cotisations | % du CA (12,3 à 25,6 %) | TNS (≈ 45 % du net) | Assimilé salarié (net ≈ 55 % du coût) |
| Charges réelles | Non déductibles | Déductibles | Déductibles |
| Impôt | IR (CA après abattement) | IR par défaut, option IS | IS (rémun. déductible) |
| Protection sociale | Basique (TNS) | Basique (TNS) | Étendue (régime général) |
| Chômage | Non | Non | Non |
| Dividendes | – | Cotisés > 10 % du capital | PFU seul (30 %) |
Retenez l'idée : la micro est simple et légère quand on a peu de frais ; la société devient intéressante quand on a des charges à déduire ou qu'on veut optimiser l'arbitrage rémunération/dividendes, au prix de plus de formalisme.
Pourquoi les charges réelles changent tout
C'est le point le plus mal compris, et le plus décisif. En micro, vos cotisations et votre impôt sont calculés sur tout votre chiffre d'affaires, y compris la partie qui sert à payer vos frais. Si vous dépensez 20 000 € de matériel, de stock ou de sous-traitance, vous êtes quand même taxé dessus.
En société, ces charges réelles sont déduites avant de calculer l'impôt sur les sociétés. Conséquence : plus vos charges sont élevées, plus la micro vous coûte cher en comparaison, et plus la société rattrape son surcoût de gestion. C'est pour cela que, dans notre comparateur, le champ « charges réelles » fait souvent basculer le résultat à lui seul.
À partir de quel CA quitter la micro
Il n'existe pas de seuil magique valable pour tout le monde. Le point de bascule dépend surtout de vos charges et de ce que vous vous versez. Deux repères concrets :
- Les plafonds de la micro : 83 600 € de CA en prestations de services et professions libérales, 203 100 € en vente de marchandises (montants 2026-2028). Au-delà, la société est obligatoire.
- Le niveau de charges : avec peu de frais, la micro reste souvent gagnante jusqu'à son plafond ; avec des charges lourdes, la société peut l'emporter bien plus tôt.
Pensez aussi à la franchise de TVA : au-delà de 85 000 € (vente) ou 37 500 € (services) de CA, vous devez facturer la TVA, quel que soit votre statut. Ces seuils font actuellement l'objet d'une réforme : vérifiez-les au moment de décider.
Trouvez votre point de bascule
Entrez votre CA, vos charges et le revenu que vous voulez vous verser : le comparateur affiche votre net en poche en micro, EURL et SASU, et la courbe qui montre où la société dépasse la micro.
Comparer mes statutsRémunération vs dividendes (EURL vs SASU)
En société à l'IS, vous pouvez vous payer en rémunération (soumise à cotisations, mais qui ouvre des droits) ou en dividendes (prélevés sur le bénéfice après impôt sur les sociétés). L'arbitrage n'est pas le même selon le statut :
SASU : dividendes efficaces
En SASU, les dividendes ne supportent que le PFU de 30 % (12,8 % d'impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux), sans cotisations sociales. Beaucoup de présidents de SASU se versent une rémunération modeste et le reste en dividendes pour optimiser le net immédiat.
EURL : dividendes vite cotisés
En EURL, la part de dividendes supérieure à 10 % du capital social est soumise aux cotisations TNS. Avec un petit capital (1 000 €, par exemple), l'essentiel des dividendes est donc cotisé : l'avantage des dividendes est bien plus faible qu'en SASU.
Comment changer de statut sans tout casser
On ne « transforme » pas une micro en société : ce sont deux structures distinctes. Concrètement, vous créez la société (statuts, dépôt de capital, immatriculation au guichet unique de l'INPI), vous y basculez votre activité, puis vous cessez la micro-entreprise auprès de l'URSSAF.
Quelques points à anticiper pour une transition propre :
- La TVA : en société, vous la facturez et la récupérez ; adaptez vos prix et votre comptabilité.
- La comptabilité : une société à l'IS impose comptes annuels et liasse fiscale, prévoyez un outil de compta ou un expert-comptable.
- Les contrats clients et le compte bancaire : ils doivent passer au nom de la nouvelle structure.
- L'ACRE : si vous y avez déjà eu droit, vous ne pouvez pas en rebénéficier avant trois ans (et l'exonération micro passe de 50 % à 25 % pour les activités créées à partir du 1er juillet 2026).
Si vous débutez et que vous hésitez encore à vous lancer, commencez par notre guide créer son auto-entreprise en 2026. Et pour fixer vos tarifs au bon niveau, voyez le calculateur de TJM.
Pour aller plus loin
Quelques services utiles pour créer puis gérer votre structure.
Créer votre société
Statuts, formalités, immatriculation : lancez votre EURL, SASU ou micro sans vous perdre.
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Cotisations, IS, déclarations : un outil de compta adapté à votre statut.
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Obligatoire en société, conseillé en micro : comparez les comptes pro.
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