Créer son auto-entreprise est aujourd'hui gratuit et 100 % en ligne, via le guichet unique de l'INPI. La démarche prend une trentaine de minutes, mais quelques choix faits au moment de l'inscription (code APE, ACRE, versement libératoire) engagent toute la suite. Voici comment vous y prendre étape par étape, sans vous tromper, et démarrer sur de bonnes bases.
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Qui peut créer une auto-entreprise
L'auto-entreprise (juridiquement, le régime de la micro-entreprise) est ouverte à presque tout le monde : majeur ou mineur émancipé, résidant en France, sans casier judiciaire incompatible avec l'activité. Vous pouvez être salarié, étudiant, demandeur d'emploi ou retraité et créer en parallèle, à condition de respecter votre éventuelle clause d'exclusivité si vous êtes salarié, ou les règles de cumul propres à la fonction publique.
Quelques activités sont exclues du régime micro ou encadrées : professions juridiques et de santé réglementées, activités agricoles relevant de la MSA, certaines activités relevant de la TVA immobilière ou des bénéfices non commerciaux particuliers. Si votre métier est réglementé (artisan du bâtiment, coiffure, esthétique, etc.), vous devrez justifier d'un diplôme ou d'une expérience au moment de l'inscription.
Les 5 étapes sur le guichet unique de l'INPI
Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités de création passent par le guichet unique de l'INPI (procedures.inpi.fr). Les anciens centres de formalités des entreprises (CFE) n'existent plus. La déclaration est gratuite et se fait intégralement en ligne.
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Créer un compte sur le guichet unique
Rendez-vous sur procedures.inpi.fr et créez un compte, ou connectez-vous via FranceConnect+. Attention : le niveau de sécurité « élevé » exigé passe le plus souvent par l'Identité Numérique La Poste, qu'il faut parfois activer en amont (vérification d'identité). C'est le principal point de friction de la démarche : anticipez-le, surtout si vous résidez à l'étranger.
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Choisir « Créer une entreprise », puis « Entrepreneur individuel » + régime micro
Lancez une formalité de création, sélectionnez la forme Entrepreneur individuel, puis cochez l'option régime micro-entreprise. C'est ce choix qui vous donne le statut d'auto-entrepreneur (cotisations et impôt calculés sur le chiffre d'affaires).
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Renseigner votre identité et votre activité (le code APE)
Indiquez votre état civil, votre adresse (qui devient l'adresse de l'entreprise si vous travaillez de chez vous) et une description précise de votre activité. C'est à partir de cette description qu'est déterminé votre code APE : soyez clair et spécifique, une formulation vague mène à un code inadapté.
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Déposer les pièces justificatives
Téléversez les documents demandés (voir la liste détaillée plus bas). Veillez à fournir des fichiers lisibles et à jour : une pièce floue est la première cause de dossier rejeté.
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Valider et suivre le dossier
Vérifiez le récapitulatif, signez et validez. Votre déclaration est transmise aux organismes concernés (INSEE pour le SIREN/SIRET, URSSAF, impôts). Vous pouvez ensuite suivre l'état de la formalité depuis votre tableau de bord INPI.
Les pièces à préparer
Préparez ces documents avant de commencer, en version numérique et bien lisible :
- Une pièce d'identité en cours de validité (recto-verso).
- Un justificatif de domicile de moins de 3 mois (facture d'énergie, quittance, etc.).
- Une déclaration sur l'honneur de non-condamnation et de filiation.
- Selon l'activité : un justificatif de qualification (diplôme, titre, expérience) ou une autorisation pour les activités réglementées.
Délais et coût
La création est gratuite : aucun frais d'immatriculation pour une auto-entreprise. Côté délai, comptez en général 1 à 4 semaines entre le dépôt d'un dossier complet et la réception de votre numéro SIRET, qui officialise l'existence de votre entreprise. Un dossier incomplet rallonge ce délai. Tant que vous n'avez pas votre SIRET, vous ne pouvez pas facturer.
ACRE et versement libératoire : les choix à ne pas rater
Deux options se décident au moment (ou juste après) la création et changent ce que vous payez.
L'ACRE : alléger vos cotisations la première année
L'ACRE (aide aux créateurs et repreneurs d'entreprise) est une exonération partielle de cotisations sociales en début d'activité, sous conditions (demandeurs d'emploi, jeunes de moins de 26 ans, bénéficiaires de certains minima sociaux, repreneurs…). Concrètement, vos cotisations sont réduites pendant les premiers mois, ce qui peut représenter plusieurs centaines d'euros d'économies. Les conditions d'éligibilité et le taux d'exonération évoluant régulièrement, vérifiez votre situation au moment de créer et faites la demande dans les délais (en général lors de la déclaration ou dans les jours qui suivent).
Le versement libératoire de l'impôt sur le revenu
Le versement libératoire permet de payer votre impôt sur le revenu en même temps que vos cotisations, sous la forme d'un petit pourcentage de votre chiffre d'affaires, plutôt qu'au barème l'année suivante. Il est intéressant si votre foyer est imposable, mais il n'est ouvert que sous condition de revenu fiscal de référence. À chiffrer selon votre situation : pour un foyer non imposable, il fait souvent payer un impôt qui n'aurait pas été dû.
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Calculer mon TJMAprès la création
Une fois votre SIRET en poche, quelques réflexes pour bien démarrer :
- Ouvrir un compte bancaire dédié à votre activité (obligatoire seulement au-delà de 10 000 € de CA deux années de suite, mais conseillé dès le départ).
- Souscrire une assurance adaptée : responsabilité civile professionnelle, voire décennale pour les métiers du bâtiment.
- Organiser votre comptabilité : tenir un livre des recettes, conserver vos justificatifs, suivre votre chiffre d'affaires par rapport aux seuils.
- Déclarer votre chiffre d'affaires à l'URSSAF, chaque mois ou chaque trimestre selon votre choix, même s'il est nul.
Pour suivre vos encaissements et votre trésorerie mois par mois sans usine à gaz, nos modèles Excel par métier reprennent tout cela dans un fichier prêt à l'emploi.
Les erreurs fréquentes
- Un code APE inadapté, faute d'une description d'activité assez précise : il conditionne votre rattachement et certaines règles.
- Une adresse mal renseignée ou un justificatif de domicile non concordant, qui bloque le dossier.
- Une pièce illisible ou périmée, première cause de rejet et de retard sur le SIRET.
- Oublier de demander l'ACRE alors qu'on y avait droit, et payer le plein tarif de cotisations dès le départ.
- Choisir le versement libératoire sans être imposable, et donc payer un impôt évitable.
Pour aller plus loin
Quelques services utiles pour créer puis gérer votre auto-entreprise sereinement.
Création accompagnée, clé en main
Vous préférez déléguer la démarche et sécuriser votre dossier ?
Créer avec un partenaireOuvrir un compte pro
Souvent gratuit à la création, pour séparer votre activité de vos comptes perso.
Comparer les comptes proPiloter votre compta
Un outil pour suivre votre CA, vos déclarations URSSAF et vos seuils dès le 1er jour.
Découvrir un logicielVous assurer (RC pro)
Une responsabilité civile professionnelle adaptée à votre activité.
Voir les assurancesCertains liens de cette section sont des liens partenaires : si vous souscrivez, nous pouvons percevoir une commission, sans surcoût pour vous. Cela n'influence pas le contenu de ce guide.
Une fois lancé, l'étape suivante est de fixer vos prix correctement. Si vous facturez à la journée, suivez notre guide comment calculer son TJM de freelance ; si vous facturez à l'heure, voyez quel taux horaire facturer quand on est artisan.